J'ai toujours voulu donner une naissance particulière à mon enfant puisque moi-même j'ai eu une naissance un peu spéciale. En effet, ma mère m'a eu par voie naturelle après 2 césariennes (en 1983, c'était impensable !!) grâce au docteur Michel Odent qui a accepté de l'accoucher à Pithiviers. Elle m'a ensuite allaité durant 3 ans et demi... Tout ça pour en venir à mon accouchement qui s'est déroulé dans la nuit du 20 au 21 mars 2004... J'ai connu ma sage-femme (Elisabeth) par une amie et je l'ai tout de suite trouvé formidable. Au début de ma grossesse, je désirais accoucher dans l'eau mais aucune structure dans la région ne pratiquait cela. Je me suis alors tournée vers l'hôpital le plus proche pour "voir" et là on m'a dit : on n'accouche pas dans la position que l'on veut ("on a une table de travail confortable !!"), c'est l'épisiotomie à tous les coups, et la péridurale 9 fois sur 10 ("on vous fais une première piqure, si le bb ne sort pas on en fait une deuxième, si il ne sort toujours pas, on vous en fait une troisième mais pas plus, après, c'est la césarienne"). Je suis sortie de là affolée : il n'était pas question pour moi, mon compagnon et mon enfant de vivre un tel accouchement !! Bref, c'est comme cela que l'on s'est intéressé à l'accouchement à domicile et qu'après avoir rencontré Elisabeth, nous n'avons plus hésité !

Venons-en aux faits... le 20 mars, je me suis réveillée en sursaut à 1h30 du matin : j'avais perdu les eaux ! Mais je n'avais aucune contraction. Cela me paraissant bizarre, j'ai appelé Elisabeth (que j'ai réveillé, bien sûr, la pauvre !!) qui m'a dit que c'était normal et que ça n'allait pas tarder... Effectivement, une demi heure plus tard, j'avais mes premières contractions... Comme elles étaient plutôt "douces", je suis allée me recoucher avec mon compagnon (Lionel). Deux heures après, les contractions commençaient à s'accentuer sérieusement donc je suis allée prendre un bain. Lionel dormait toujours comme un loir... Jusqu'à 4h, les contractions étaient supportables mais après... Lionel s'est donc levé pour me secourir mais dans ces moments là... On a mis de la musique (simon and Garfunkel) mais cela m'a plus énervé qu'autre chose. Lionel m'a proposé plusieurs fois de me faire un massage mais je commençais sérieusement à devenir nerveuse et l'ai envoyé quelque peu bouler... (le pauvre amour !) Vers 7h, n'en pouvant plus de douleur, j'ai rappelé Elisabeth qui m'a encouragé et m'a dit de la rappeler quand les contractions seraient régulières. De plus en plus obnubilée par ma douleur, je n'arrivais même pas à calculer le temps entre chaque contraction mais elles devenaient de plus en plus fortes. Faire 8h30, j'ai appelé une dernière fois Elisabeth pour qu'elle vole à mon secours et elle est arrivée trois quart d'heure après. La seule position qui me soulageait un peu était à genoux, les avants bras sur le canapé. C'est comme cela que je suis restée pendant tout le reste du travail. Vers la fin, j'ai essayé la chaise obstétricale et enfin, c'est accroupie, soutenue par Lionel que mon petit Théodore est sorti (à 11h40).Elisabeth l'a recueilli et posé immédiatement sur mon ventre (je tremblais de tout mon corps). D'abord, le petit se cachait derrière ses petits poings que nous avons délicatement poussés pour pouvoir l'admirer... Et là, je crois que j'ai eu le coup de foudre : j'ai découvert un petit Etre qui nous regardait, les yeux grands ouverts, comme pour imprimer nos visages dans sa tête. C'était absolument extraordinaire. Nous sommes restés un moment comme cela avec le petit blotti dans mes bras puis son papa l'a pris dans ses bras et Elisabeth m'a aidé à expulser le placenta puis m'a recousu (3 points de sutures, 3 fois rien en comparaison du bonheur que je vivait !). J'ai essayé de le mettre au sein mais j'ai les mamelons ombiliqués donc le petit a eu un peu de mal mais a réussi à téter un petit peu. Puis Elisabeth est partie vers 14h et nous sommes restés à admirer notre petit bout.

Pourquoi n'ai-je pas choisi d'accoucher à l'hôpital? Je ne voulais pas de péridurale, je souhaitais accoucher dans la position qui me convenais le mieux, crier si l'envie m'en prenais, prendre une position qui me soulageais (à l'hôpital il faut "subir" les contractions allongée, position que j'ai expérimentée lors de mon accouchement et qui accentuais encore plus la douleur) et je voulais que le papa soit vraiment acteur de la naissance de son fils. Alors si c'était à refaire ? Ce serait à la maison, sans hésiter !

 

 

THEODORE, 1 jour