Accouchements
Témoignage
d'une doula lors d'un accouchement en maternité :
"J'ai
accompagnée une femme lors de son accouchement dans un clinique
il y a quelques jours, et je suis totalement sidérée
par ce que j'y ai vu. J'ai beau savoir quels sont les protocoles des
hopitaux, j'ai beau y etre passé pour la naissance de ma fille,
j'ai beau lire des récits
tous les jours, être témoin des violences qui sont faites
aux femmes qui accouchent, voir le manque de respect de si près
c'est une expérience violente.
Il
faut dire que c'était particulièrement non respectueux.
La mère doit être seule pour le monitoring d'arrivée
(1h30) (vous parlez français ? alors qu'est-ce qu'elle nous
gonfle la copine pour être avec vous ?), ensuite l'accompagant(e)
n'a qu'à bien se tenir (vous vous mettez dans un coin faut pas
me géner hein sinon dehors) et ne peut plus sortir une fois
dedans, sinon on ne rentre plus. L'anesthésite est venu mettre
la péri sans que personne ne l'ai demandé, et ça
a fait un mini drame qu'elle ose dire que non elle n'en veut pas tout
de suite, la sage-femme lui a expliqué qu'elle allait percer
la poche et que elle allait grimper aux rideaux et que sans la péri
c'est moins facile. Pourquoi la poche des eaux ? Elle ne va pas perdre
2h à causes des caprices d'une femme, ici c'est ELLE qui dirige
le travail, on n'accouche pas dans la brousse là, et on ne discute
pas.
La
mère a émis qu'elle était mieux assise, j'ai
osé ajouter sur le ton de la plaisanterie "c'est vrai qu'on
est quand même mieux assise quand on accouche" et je me suis
fait HURLER dessus, véritablement, et intimer l'ordre de rester
assise et de me taire. "C'est MOI qui dirige, je suis bien gentille
de vous tolérer ici", dit-elle. On le saura, que c'ets elle
la chef. Elle a au moins redressé la table, comme quoi elle n'est
pas totalement insensible hein .... Comme la mère ne demande pas
grace malgré la poche des eaux rompues, la sf vient ajouter du
synto. "C'est
quoi ce que vous mettez dans la perf", ose demander la mère. "
Du caviar", telle est la réponse. Sic ! FInalement elle le
dit "du syntho on en met à toutes les mères".
Forcément allongée sans le droit
de bouger avec le monito et le syntho y'a un moment où ça
devient dur. ET puis crier n'est même pas
envisageable là.
Elle
a "craqué" pour la péri, le service se
réjouit, la sf guoguenarde : "
alors on craque ?", l'anesthésiste "ah bah quand même,
ces femmes enceinte quelles capricieuses, alors on craque ma ptite dame
? " à moi : " vous n'allez pas la reocnnaitre votre
amie,on vous l'a changé.." Quelle fierté pour eux tous....
ILs l'ont maté,
plus longue que les autres celle là, une coriace, mais ils l'ont remis
dans le droit chemin. Non mais, qui décide ici ?
Ensuite
elle n'allait pas assez vite, tous trouvait que vraiment elle trainait
(1 cm par heure c'ets vrai quoi, on s'attend à mieux !) Ah oui
l'anesthésiste,
3 fois de suite" Alors on caresse son ventre ? profitez-en vous
n'en aurez plus après !" Qui peut-imaginer une seconde
qu'il y a un bébé dedans ???? Naropéine à plein
tube, comme ça dormez madame, ça passera plus vite. A
dilatation complète la sf état plutot cool et voulait
attendre, un bon point dans l'immensité de sa méchanceté,
mais voilà zorro-obstétricienne. Allez bloquez pousser
! ça avance bien mais vous le sortirez jamais seule. (sic, après
une poussée sur bébé pas engagé) Je vous
met les cuillères, c'est comme un chausse pied. Et puis ce petit
chenapan est en OS, pff allez les forceps. Emballez c'est pesé. ça
pisse le sang, étrange. Ah oui l'épisio bah forcément
hein. ça saigne, on laisse une sonde. Syntho à plein tube
On appuie encore sur le ventre. Il y avait un placenta ? personne n'en
a parlé en tous cas, après tout pourquoi la mère
aurait-elle envie de le savoir, de le voir ??
Ensuite
une aide soignante hystérique a fait les misères habituelles
au bébé puis d'autres qu'elle inventait, au point que
la sf lui a demandé 'mais qu'est-ce que tu lui fait là ??".,
c'est dire. J'ai quand même pu récupérer l'enfant
et le présenter à sa mère, lui dire "
bienvenue" et le bercer le temps qu'elles épongent compressent,
recousent. ça aura servi à ça aussi de me taire
(j'avais écris "traire",
interressant) Me taire pour que cette femme ne soit pas seule avec ces
fous, me taire pour lui murmurer à l'oreille quand les autres
folles hurlaient sur elles avec des coudes sur son ventre et des instruments
en elle. Me taire pour pouvoir lui parler de son enfant quand l'aide
soignante jouait avec lui (sans lui parler vous pensez). Me taire pour
accueillir cet enfant qui roulait les yeux dans tous les sens, qui n'avait
pas encore rencontré un regard humain. Pour l'amener enfin à sa
mère qui pleurait en silence. Pour qu'ils se touchent enfin ("attention
bougez pas trop la main là avec la perf")
Pour être
là quand la même
aide soignante a fait la mise au sein .. Indescriptible, elle tenait
la tete de l'enfant, lui pinçait les joues pour qu'il tête,
et comme il était juste bien sur le mamelon de sa mère
et ne tétait pas l'en arracher parce qu'il ne va pas rester
comme ça.
Et pouvoir recommencer avec la mère tranquillement quand elle part.
Me taire pour pouvoir expliquer ensuite à cette femme ce qu'il
s'est passé, quand elle en aura envie ?
Aujourd'hui
elle essaie de gérer ce qu'elle a vivre, seule avec ce bébé,
son histoire. Elle veut écrire à la clinique pour dire
qu'elle a été choquée de l'attitude de la sage-femme.
Elle a ressenti à quel point elle a été maltraitée,
elle savait que ce n'était pas comme ça devait l'être,
elle a essayé plusieurs fois de demander un peu de respect,
mais elle a envie d'oublier aussi. ça reviendra, mais peut-etre
pas maintenant.
Tous
les jours ces gens maltraitent des femmes et desenfants. C'est cauchemardesque.
Je gère d'un coté le fait
d'avoir été témoin silencieux, le rat qui subit
et qui ne peut ni fuir ni se battre. Et de l'autre la vision de ces gens,
ces gens qui ne savent plus ce que veut dire accoucher, qui écrasent
les femmes, qui ont si peur de toute manifestation un peu indépendante,
qui ne sont décidémment plus
du coté des humains.
C'est
insensé, et c'est tous les jours.
Camarades, y 'a du boulot...